Prévention spécialisée au conseil départemental 54 : « Ingérence et méfaits de la contractualisation »

L’équipe de prévention spécialisée de Toul le sait : travailler, aujourd’hui, sur les quartiers, auprès de jeunes déracinés, sans envie, sans projet, c’est particulièrement difficile. Mais lorsque, sur le territoire de Toul, les enjeux politiciens prennent le dessus sur l’action, cela devient impossible.

Pendant de nombreuses années, l’équipe était réduite à 1 travailleur social qui, à lui seul, était bien dans l’impossibilité de faire de la prévention spécialisée. Le rapport « solidarités toujours au cœur » a justifié le recentrage de la prévention spécialisée sur les zones sensibles et l’équipe s’est reconstituée. Mais ce rapport a également ouvert la porte à des conventionnements avec les communes ou intercommunalités, avec le risque, souligné par la CGT à l’époque, d’instrumentalisation de la prévention spécialisée par les communes. L’équipe de Toul a donc été reconstituée avec le quartier de la Croix de Metz comme zone sensible et la municipalité de Toul a passé une convention avec le Département pour 1 poste, amenant à 4 le nombre de professionnels de l’équipe, dont le poste de coordinatrice.

Après deux années de contractualisation heureuse, en avril 2016, la municipalité commence à remettre en cause la conduite des projets de l’équipe ainsi que ses modes d’interventions. Ce basculement correspond à une période de tension entre les jeunes du quartier de la Croix de Metz et le Centre Socio Culturel municipal. Cela finira par se traduire par la fermeture du centre socio culturel André Malraux pendant 3 jours en octobre 2016, suite à des altercations entre les jeunes et le directeur adjoint de la structure.

On brade sur les valeurs !

Dans ce climat de partenariat dégradé une petite lueur d’espoir apparaît en décembre 2016. Une élue de la ville de Toul vient au local de la prévention spécialisée pour proposer un rapprochement avec une association de Toul Croix de Metz, réunissant, en son sein, 6 associations du quartier. Belle opportunité pour l’équipe et c’est alors bien parti : les jeunes adhérent, les associations et l’équipe développent des actions ensemble, des projets émergent et se mettent en place.

Février 2017 : coup de massue. Au prétexte, semble-t-il, qu’un administrateur de ladite association ferait grief au Maire, l’équipe a interdiction de continuer le travail amorcé. En effet, Mr le Maire de Toul est allé rencontrer notre Président, dans le cadre du conventionnement, et  lui aurait  signifié qu’il ne voulait pas que l’Equipe de prévention spécialisée travaille avec cette association. Interdiction relayée par notre Président qui, nous dit-on, aurait voulu « sauver la convention à tout prix ».

Pour l’équipe, les menaces pleuvent. Untel serait « trop » à proximité des jeunes, tel autre pourrait voir son poste disparaître si l’équipe entrait en résistance. Sauf que, concrètement, l’équipe ne rentre pas en résistance, l’équipe dit seulement qu’elle ne peut plus travailler. On l’empêche de développer des partenariats essentiels et ce au détriment des jeunes.

L’équipe est laminée. L’anxiété est permanente et les troubles du sommeil sont récurrents. Les responsables territoriaux n’ont eu de cesse de soutenir l’équipe, mais leurs efforts se révèlent vains. Quel avenir alors, pour cette équipe sur ce territoire ?

La ville de Toul en finançant un poste, souhaiterait peut-être avoir une équipe de prévention spécialisée en gestion directe. Mathieu KLEIN quant à lui a toujours affirmé qu’il défendrait une équipe départementale. La délibération devait servir de cadre de référence à la convention avec la Ville : en cas de dénonciation, par la Ville, de la convention, le Conseil Départemental donnait l’assurance que le poste « conventionné » ne serait pas remis en cause.

Des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient…

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